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France-Adoption définitive du PLF 2026 après le rejet de deux motions de censure
information fournie par Reuters 02/02/2026 à 20:05

(Actualisé avec citations de Lecornu, Panot et Braun-Pivet)

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 a été adopté lundi à l'issue de semaines de débats chaotiques qui ont obligé le gouvernement à recourir à l'article 49.3 de la Constitution pour s'assurer de doter la France d'un budget.

Deux motions de censure ont échoué lundi à l'Assemblée nationale, la première déposée par La France insoumise (LFI) associée aux écologistes et aux communistes - qui a recueilli 260 voix - et la seconde défendue par le Rassemblement national (RN)- approuvée par 135 députés.

L'une ou l'autre devait obtenir au minimum 289 voix pour renverser le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu.

"La France a enfin un budget. Un budget qui assume des choix clairs et des priorités essentielles. Un budget qui contient la dépense publique, qui n'augmente pas les impôts pour les ménages et les entreprises", a écrit le Premier ministre sur X.

"Ce texte n'est pas le texte du gouvernement, il est le résultat d'un compromis parlementaire, intégrant des amendements de tous les groupes", a-t-il ajouté, précisant qu'il saisissait le Conseil constitutionnel "afin de (s')assurer que la loi de finances est pleinement conforme à notre Constitution".

Sébastien Lecornu s'était engagé lors de son arrivée à Matignon à l'automne à ne pas recourir à l'article 49.3 de la Constitution permettant l'adoption d'un texte sans vote sauf en cas de censure du gouvernement. L'objectif affiché était de favoriser les débats et la recherche du compromis entre groupes politiques au sein d'un Palais Bourbon fragmenté.

Si cette méthode a porté ses fruits sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), adopté mi-décembre avec l'appui des socialistes, le chef du gouvernement a par la suite constaté l'impossibilité de parvenir à un budget de consensus susceptible de rallier les votes d'une majorité de députés.

Avant celles de lundi, quatre motions de censure avaient déjà échoué dans cette laborieuse procédure d'adoption du PLF, deux sur la partie "recettes" et deux sur la partie "dépenses".

"CETTE SITUATION NE PEUT DEVENIR UNE HABITUDE"

Dans chacun de ces votes déjà provoqués par la gauche hors PS et le RN, l'abstention des socialistes, qui jugent avoir obtenu des améliorations par rapport à la copie initiale du gouvernement, a été déterminante pour éviter au gouvernement de Sébastien Lecornu d'être renversé.

L'issue a été identique ce lundi. Le PLF, qui prévoit notamment de ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB), ne satisfait pleinement personne mais une grande partie des parlementaires semblait pressée de tourner enfin la page de cette longue discussion budgétaire alors que les élections municipales se profilent.

La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a estimé lundi auprès des journalistes que le PS avait confirmé, en ne votant pas la censure, qu'il était "entré dans un soutien sans participation au gouvernement".

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pour sa part souligné sur X que l'adoption du PLF garantissait "la continuité de l'action publique, dans un contexte politique marqué par l'absence de majorité à l'Assemblée nationale".

Regrettant que le débat ne soit pas allé à son terme alors même qu'"un budget est un acte démocratique majeur", elle a cependant ajouté : "Cette situation ne peut devenir une habitude. Je plaide pour que ce budget soit le dernier examiné dans ces conditions."

(Rédigé par Bertrand Boucey et Benjamin Mallet, édité par Blandine Hénault)

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